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« C’était un rendez-vous » : une époque où rouler à Paris était agréable

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« C’était un rendez-vous », un court métrage de Claude Lelouch qui sent bon la belle époque et qui mystifie Paris dès le lever du soleil. Ceci mes amis est du grand art, qui mêle légende et réalité !

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Le mythe

Monsieur Lelouch ayant terminé « Si c’était à refaire » n’avait pas utilisé toute la pellicule dont il disposait. Il eut alors l’idée de filmer une « petite » balade parisienne. Au programme un départ Porte Dauphine, et une à arrivée Montmartre. Seul hic à l’horizon, la pellicule restante ne suffisait pas pour un tel trajet. Une seule solution : faire cette balade le plus vite possible ! Vous commencez sans doute à voir où nous allons en venir. Le carnet des charges fut alors le suivant : effectuer le trajet en moins de 8 minutes 20. Impossible, vous répondra n’importe quel parisien habitué aux heures de pointes.

Sauf si l’on dispose d’une voiture rapide… Pour boucler le trajet en si peu temps il n’aura pas fallu moins qu’une Ferrari 275 GTB. Selon les dires de monsieur Lelouch la vitesse n’aurait jamais dépassé les 230/240 km/h!(peut mieux faire !). Le tout en dépassant plusieurs lignes blanches, en esquivant de nombreux piétons, en évitant un camion, en grimpant même sur les trottoirs. Un peu comme dans le rêve que je fais chaque nuit, où l’idée même du Code de la route n’existe pas.

 

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La réalité

Vous avez aimé ? Et bien tout cela est totalement faux ! Eh oui ! La réalité est un tout petit peu moins glamour que le film. La voiture n’était pas une Ferrari 275 GTB, mais une Mercedes 450 SEL. C’est au montage que le bruit du moteur de la Ferrari a été rajouté à la bande son. Un joli tour de passe-passe puisque l’esprit y est et le résultat également ! Il faut également noter que le film a été tourné en une seule séquence. Claude Lelouch affirme lui-même être le pilote même si d’autres affirmeront le contraire. Voici la citation du pitch du film :

« Quand un film se termine, on effectue les rendus. J’ai donc demandé à mon régisseur quel métrage de pellicule il nous restait. Après inventaire, nous avions pas mal de chutes, entre 3000 et 4000 mètres au total. Beaucoup de petits rouleaux de 30 ou 50 mètres, mais aussi un magasin de 300 mètres, qu’il était prévu de rendre. Moi, j’avais envie de faire un court métrage que nous aurions placé en première partie du film. Depuis longtemps je voulais raconter l’histoire d’un type en retard à un rendez vous qui commet plein d’infractions pour arriver à l’heure. Pour moi, être à l’heure est une obsession. Je suis capable de prendre des risques inouïs pour ne pas être en retard. J’ai suggéré à mon opérateur Jacques Lefrançois, l’idée d’un plan-séquence, la caméra accompagnant un type qui a rendez-vous à Montmartre avec une fille. Comme il est à la bourre, il traverse Paris à toute allure, en grillant les stops et les feux rouges. »

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Et pour vous voici le film

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Vous pouvez également allez voir l’article sur un autre Lellouche à l’orthographe plus lourde tout comme le personnage ici.

 

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