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Roadster 2016 : Harley-Davidson peut remercier les préparateurs

Un déficit d’innovation, et un regard un peu trop orienté sur la copie des préparateurs custom du moment. Voici les ingrédients nécessaires à la fabrication du nouveau Roadster 2016 de chez Harley–Davidson.

Qu’on ne nous méprenne pas. La sortie d’une nouvelle moto, chez un leader du marché, est toujours une bonne nouvelle. D’une part pour la santé du marché, en soi. Mais également pour nous préparateurs, car qui dit nouvelle moto, dit nouveaux horizons en terme de customisation, d’originalité, de créativité, et d’innovation.

(c) Harley Davidson

(c) Harley Davidson

Harley-Davidson dévoile un Sportster sportif, le Roadster

Des mots qui semblent malheureusement manquer aux constructeurs en vogue en ce moment. Et le nouveau Roadster 2016, dévoilé en début de semaine par Harley-Davidson, semble confirmer, hélas, cette tendance. Quand le vintage est revenu sur le devant de la scène, on ne pouvait que se réjouir du fait que les marques s’en emparent, pour offrir de nouvelles motos dites néo-rétro. De nombreux constructeurs avaient déjà en catalogue ce type de montures, Harley-Davidson en premier lieu.

Les préparateurs, qui travaillaient depuis des années sur ce type de machines : Iron, 48, Bonneville, pour n’en nommer que quelques-unes, n’ont jamais vu d’un mauvais œil, le fait que les grandes marques tentent de remettre au goût du jour de tels modèles, tout en conservant leur délicieux côté rétro. Mieux, cela leur permettait de continuer à surfer sur la vague, en proposant des préparations souvent vues et revues, mais parfois osées, bousculant les codes en vigueur.

Mais à ce petit jeu, les marques sont sans doute allées trop loin. Force est de constater que les constructeurs regardent d’un œil un peu trop appuyé le travail des préparateurs du moment. Le dernier exemple en date : ce Roadster 2016. Sur le papier, l’affaire semble dans la poche pour Harley Davidson. Un Sportster sportif (un jeu de mots très à propos), avec des caractéristiques techniques dignes du tarif affiché : une fourche inversée, un double disque, un moteur 1200cm Evo, une nouvelle instrumentalisation digitale. Bref, un coup de jeune donné à la gamme des Sportster, malgré le fait que l’Iron et le 48 restent encore des best-sellers.

(c) Harley-Davidson

(c) Harley-Davidson

Et confirme avoir l’oeil un peu trop collé au travail des préparateurs custom

Seulement, à bien y regarder, il ne s’agit ni plus ni moins d’un Nightster (modèle emblématique de la Motor Co disparu des radars en 2012) caférisé. Une moto directement inspirée des nombreuses préparations sur base d’Iron ou de Nightster qui existent déjà. Une rapide recherche Google suffira de vous convaincre.

Deux constats donc. Harley Davidson, loin d’être la seule, semble subir une difficile période de manque d’inspiration, au point de devoir pomper directement sur ce qui se fait depuis un, non pardon deux, voire trois ans déjà. Et cela pour un prix largement supérieur aux tarifs en vigueur sur le marché (abordable) de la préparation moto. En clair, Harley Davidson fait du recyclage, et s’inspire, un peu trop à notre goût, du travail, véritablement innovant pour sa part, des préparateurs. Aller s’inspirer du voisin était une méthode déjà très en vogue dans le milieu, mais cela commence à devenir une véritable épidémie.

Et puisqu’il faut parler simplement, un Nightster d’occasion, révisé, auquel on ajoutera les pièces et les heures de travail peuvent donner un très beau café racer, sans avoir à débourser la jolie somme de 12 000 euros. C’est en tout cas notre philosophie chez Trigger Twins. Alors certains diront que l’évolution technologique de ce Roadster pourra justifier son tarif. Mais ça, on espère en être convaincu durant un prochain essai !

(c) Harley-Davidson

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Lire également : Harley-Davidson dévoile son nouveau Roadster sans le vouloir 

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